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Droits de l’enfant

 

Mission de l'IE

L’éradication du travail des enfants compte parmi les grandes priorités de l’IE, en lien avec de nombreux aspects de sa mission et de son travail d’appui à une éducation publique de qualité. Il est largement reconnu que l’un des moyens les plus efficaces d’éradiquer le travail des enfants est d’améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de celle-ci. Une éducation universelle de qualité peut briser les cycles intergénérationnels de la pauvreté et de la dépendance au travail des enfants.

L’IE se concentre principalement sur la façon de rendre le milieu scolaire propice à attirer les enfants à l’école et prévenir le décrochage scolaire. Main dans la main avec les dirigeant·e·s et les enseignant·e·s des écoles, les parents et la communauté en général, l’IE soutient les projets scolaires à travers une approche holistique, englobant les questions de l’éducation de qualité, de la sécurité des établissements scolaires, de l’éthique professionnelle, de l’éducation inclusive, de l’égalité entre les sexes et du statut et des conditions d’emploi des enseignant·e·s. 

Selon les estimations publiées par l’OIT, s’il est vrai que le nombre d’enfants travailleurs a connu un net recul depuis 2000, ils étaient pourtant encore 152 millions à travailler en 2016 – 64 millions de filles et 88 millions de garçons – à travers le monde, soit près d’un enfant sur dix. On estime que 72 % des travaux accomplis par des enfants ont lieu dans l’agriculture et que 69 % relèvent du travail familial non rémunéré.  Malgré des progrès encourageants en termes de réduction de l’ampleur du travail des enfants au cours des deux dernières décennies, le rythme des progrès a ralenti ces dernières années. Le travail des enfants a même pris de l’ampleur en Afrique, selon les derniers chiffres parus en 2016.

L’IE travaille avec l’OIT, l’UNESCO, l’UNICEF et les syndicats mondiaux, parmi lesquels la CSI, l’UITA, l’IBB et d’autres organisations de la société civile à l’échelon international et national, comme la Coalition néerlandaise Stop Child Labour Coalition, la fondation allemande Fair Childhood Foundation (Fondation allemande pour une enfance juste) du syndicat de l’éducation GEW, l’AOb et Mondiaal FNV. L’IE est membre de la coalition de la société civile Campagne mondiale pour l’éducation, de la Marche mondiale contre le travail des enfants et de l'Alliance 8.7, un partenariat multipartite dont l’action vise à éradiquer le travail forcé, l’esclavage moderne, la traite des êtres humains et le travail des enfants conformément à la cible 8.7 des Objectifs de développement durable de l’ONU.

L’IE et ses affiliés participeront activement à la commémoration de l’Année internationale de l’élimination du travail des enfants 2021

Qu’est-ce que le travail des enfants ?

Le travail des enfants désigne un travail qui a) est mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereux et nocif pour les enfants ; et/ou b) interfère avec leur scolarité en les privant de la possibilité d’aller à l’école ; les oblige à quitter l’école prématurément ; ou les oblige à essayer de combiner la fréquentation scolaire avec un travail excessivement long et lourd.

La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant définit un enfant comme tout être humain âgé de moins de dix-huit ans. Le travail des enfants est un emploi ou un travail exercé par un enfant en dessous de l’âge minimum légal fixé par un pays conformément à la convention (n° 138) de l’OIT (généralement 14 ou 15 ans, avec des exceptions possibles pour les travaux légers à partir de 12 ou 13 ans) ou toute tâche accomplie par un enfant de moins de 18 ans constituant l’une des pires formes de travail des enfants au sens de la convention (n° 182) de l’OIT. Cette notion comprend les travaux ou activités économiques susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité et à la moralité des enfants (on parle généralement de travaux dangereux).

Le travail des enfants comprend le travail effectué par les enfants, qu’il soit rémunéré ou non, dans l’économie formelle ou informelle, s’il porte atteinte à la scolarité ou à la santé et au développement personnel de l’enfant. Toutefois, le travail effectué au domicile ou autour de celui-ci, qui n’interfère pas négativement avec la scolarisation, la santé ou le développement personnel de l’enfant, n’est pas considéré comme travail des enfants. On parle parfois de « travail de socialisation » ou de socialisation de l’enfant par le travail.

Politique de l’IE sur la question du travail des enfants

L’IE s’engage à promouvoir les droits de l’enfant de toutes sortes, notamment le droit à l’éducation en tant qu’instrument essentiel en vue de l’éradication du travail des enfants. L’IE reconnaît le lien fondamental qui existe entre l’accès à une éducation publique de qualité et l’éradication du travail des enfants et considère que cette dernière incombe en premier lieu aux autorités nationales.

« Chacun·e a droit à une éducation publique, gratuite, équitable, inclusive et de qualité de douze années minimum, dont au moins neuf années sont obligatoires. » (Document politique sur les droits, paragraphe 33, adopté lors du 7e Congrès mondial de l’IE, 21-26 juillet 2015, Ottawa, Canada)

Toutefois, l’IE reconnaît que cet objectif ne peut être réalisé sans des investissements adéquats à l’échelon international et national. L’IE soutient la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant les pays à allouer un minimum de 0,7 % du revenu national brut à l’aide publique au développement. Il est regrettable de constater qu’au mois d’octobre 2019, seuls 5 pays avaient atteint cet objectif. En outre, l’IE préconise un cadre de financement global pour les ODD et l’agenda mondial Éducation 2030 de l’UNESCO. Compte tenu des déficits de financement conséquents dont souffre actuellement l’éducation, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure et les pays touchés par les conflits, l’IE exhorte les gouvernements à respecter leurs engagements à procéder à de nouveaux investissements substantiels en allouant au moins 6 % du PIB et 20 % des dépenses publiques à l’éducation.

La huitième réunion du Congrès mondial de l’IE à Bangkok, Thaïlande, du 21 au 26 juillet 2019, a reconnu les liens critiques qui existent entre la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies que sont l’ODD 4 (sur l’éducation), l’ODD 5 (sur l’égalité des sexes) et l’ODD 8 (sur le travail décent). Le Congrès a adopté deux résolutions sur le travail des enfants. La résolution sur le travail des enfants invite les gouvernements à assurer l’éducation obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 16 ans ; veiller à ce que tous les enfants disposent des documents d’enregistrement nécessaires (acte de naissance) pour pouvoir, entre autres, avoir accès à l’éducation ; et fournir aux familles vulnérables des environnements d’apprentissage adéquats et une aide à travers la distribution de kits scolaires. Elle exhorte les affiliés de l’IE à s’impliquer dans les travaux menés en vue d’éliminer le travail des enfants et, le cas échéant, à constituer des partenariats stratégiques avec d’autres parties prenantes.

La résolution « L’action continue contre le travail des enfants en luttant contre le décrochage scolaire et en œuvrant pour une éducation inclusive de qualité pour tou·te·s » note en outre que les enfants sont particulièrement vulnérables au travail des enfants en cas de conflit, de migration (forcée) et de catastrophes naturelles ; et que la privatisation et la commercialisation rampantes de l’éducation constituent une entrave à l’accès à et à la qualité de celle-ci. La résolution souligne l’impact positif des projets des syndicats de l’éducation sur le travail des enfants, non seulement en termes de réduction du travail des enfants, mais aussi pour les syndicats eux-mêmes en termes d’adhésion de nouveaux effectifs et de visibilité. Elle demande à l’IE de continuer à coopérer dans le cadre des Conférences mondiales sur le travail des enfants, à mobiliser des fonds pour soutenir les syndicats de l’éducation dans leur action d’éradication du travail des enfants et à coopérer avec l’OIT et d’autres partenaires et réseaux dans le cadre des initiatives sur le travail des enfants.

L’IE a adopté les résolutions suivantes sur le travail des enfants lors de son précédent Congrès : Résolution sur une action accélérée contre le travail des enfants en lien avec les objectifs de développement durable de l’après-2015 (2015) ; Résolution sur le travail des enfants (2011) et Résolution sur le travail des enfants (1995).

Activités sur le travail des enfants

Au niveau international, l’IE préconise une hausse du financement public et international pour une éducation publique de qualité et des programmes visant à éliminer le travail des enfants. Elle participe chaque année à la commémoration de la Journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin et encourage ses syndicats affiliés à participer à des manifestations nationales. Elle a également envoyé des délégations aux Conférences mondiales sur la question du travail des enfants. À titre d’exemple, l’IE a ainsi participé à la IVe Conférence mondiale sur l’élimination durable du travail des enfants, tenue à Buenos Aires, Argentine, du 14 au 16 novembre 2017, où les actions de plaidoyer concertées des syndicats ont abouti à un communiqué final reconnaissant le rôle important des organisations d’employeurs et de travailleurs et du dialogue social dans la promotion du travail décent et l’éradication du travail des enfants. Plus d’informations sur le rôle de l’IE à la Conférence mondiale ici.

Au cours de la Conférence annuelle de l’OIT, l’IE est également intervenue oralement en lien avec des cas de non-respect des conventions de l’OIT relatives au travail des enfants par certains pays.

Au niveau national, l’IE travaille en partenariat avec les syndicats membres et d’autres organisations de la société civile aux fins de promouvoir un large éventail de mesures ciblées visant à éliminer le travail des enfants et à attirer et retenir les enfants à l’école. L’IE a déjà largement expérimenté l’approche géographique des zones libres de tout travail d’enfant, qui a permis d’établir ces zones dans certains pays. Les syndicats proposent aux enseignant·e·s une formation de perfectionnement professionnel afin de mieux comprendre le travail des enfants et de renforcer les méthodes d’apprentissage actif dans le but de promouvoir une éducation inclusive et des techniques de discipline positive. Dans certains pays, les syndicats soutiennent des cours de transition pour les enfants qui reprennent le chemin de l’école et ils fournissent une formation sur la façon de mettre en place différentes activités sportives et culturelles extra-scolaires ou d’intégrer l’artisanat et les compétences pratiques dans le programme scolaire. Les enseignant·e·s reçoivent également une formation afin de comprendre comment mettre l’accent sur les besoins des filles, notamment en encourageant la participation en classe, en assurant des itinéraires sûrs à destination de l’école, en mettant à disposition des toilettes et des vestiaires pour filles, en soutenant la gestion de l’hygiène menstruelle et en interagissant avec des professionnelles du sexe féminin aptes à fournir des modèles positifs. Les projets ont généralement conduit à la mise en place de groupes de surveillance du travail des enfants à l’école et au sein de la communauté et ont appuyé des formations au profit des associations de parents d’élèves (APE) et des comités de gestion scolaire, dans le but de leur permettre d’honorer leurs mandats et de défendre localement le droit des enfants à l’éducation au sein de leur communauté. L’IE a également organisé une série d’échanges Sud-Sud qui a permis aux syndicats de l’éducation de profiter des expériences et bonnes pratiques des uns et des autres.

Où l’IE mène-t-elle actuellement des projets sur le travail des enfants ?

En 2018, l’IE soutenait des projets sur le travail des enfants dans 6 pays (Inde, Mali, Nicaragua, Ouganda, Tanzanie et Zimbabwe). Certains projets étaient déjà en place depuis plusieurs années et d’autres sont des initiatives récentes. En 2019, de nouveaux projets ont été lancés dans 7 pays (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Malawi, Maroc, Sénégal, Togo et Albanie). Ces projets bénéficient du soutien de Mondiaal FNV, de la German Fair Childhood Foundation du GEW, de l’AOb et de la coalition néerlandaise Stop Child Labour.

Albanie

Burkina Faso

Côte d'ivoire

Inde

Malawi

Mali

Maroc

Nicaragua

Ouganda

Sénégal

Tanzanie

Togo

Zimbabwe

Contribuer aux projets sur le travail des enfants : quels avantages pour les syndicats de l’éducation ?

De nombreux syndicats de l’éducation ont constaté que leur engagement sur la question du travail des enfants et de l’éducation inclusive de qualité pouvait leur être profitable à bien des égards. Cet engagement leur offre de nouvelles possibilités de coopération avec les autorités de l’éducation sur une question non conflictuelle et avec d’autres syndicats et organisations de la société civile. Dans les écoles où les syndicats sont intervenus sur des questions liées au travail des enfants, de nouveaux membres ont pu être recrutés et les membres actuels se sont montrés plus actifs. Les syndicats ont également constaté une amélioration des relations de travail ainsi que de la perception du rôle et du travail des syndicats auprès des parents et de la communauté locale. Dans certains cas, les activités de plaidoyer ont abouti à des engagements en vue d’améliorer l’infrastructure ou la fourniture de repas scolaires.

Ressources utiles sur les questions liées au travail des enfants

Garder le contact:

Page Facebook de l’IE contre le travail des enfants: https://www.facebook.com/EIagainstchildlabour

Contact et complément d’informations:

Samuel Grumiau
Consultant en charge de la coordination des projets de lutte contre le travail des enfants
[email protected]

Dominique Marlet
Coordinatrice principale
Unité des droits humains et syndicaux et de l’égalité de l’IE
[email protected]

Partenaires et liens utiles:

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