• Le monde de l'éducation
  • Blog
  • « Rien de ce qui nous concerne ne se fera sans nous: les éducateur·rice·s prennent les devants pour définir les normes professionnelles de l’enseignement », par David Edwards.

« Rien de ce qui nous concerne ne se fera sans nous: les éducateur·rice·s prennent les devants pour définir les normes professionnelles de l’enseignement », par David Edwards.

Les normes professionnelles de l’enseignement étaient au centre des principales discussions et décisions du 8e Congrès mondial. Ce dernier a adopté une résolution visant à soutenir la mise en œuvre d’un cadre conjoint IE/UNESCO ayant pour but de développer des normes professionnelles pour l’enseignement, soulignant clairement que les syndicats de l’éducation doivent être au centre de ce processus. Comme l’ont épinglé nombre de nos membres, ce cadre n’est pas uniquement important pour les éducateur·rice·s, il est également essentiel pour nos étudiant·e·s et leurs résultats d’apprentissage.

Les enseignant·e·s ne peuvent choisir au hasard ce qu’il·elle·s font. Il·Elle·s doivent pouvoir s’appuyer sur des expériences probantes et orienter leur enseignement sur les étudiant·e·s. Il·Elle·s doivent avoir accès à la formation et au développement professionnels continus tout au long de leur carrière afin de pouvoir actualiser leurs connaissances et leurs compétences. Le seul moyen d’y parvenir est de confier aux syndicats de l’éducation la responsabilité de définir, élaborer et mettre en œuvre leurs propres normes professionnelles. Le cadre IE/UNESCO couvre trois domaines – connaissance et compréhension de l’enseignement, pratique de l’enseignement, relations au sein de l’enseignement – et propose un modèle pouvant être utilisé par les systèmes éducatifs à travers le monde pour définir leurs normes professionnelles de l’enseignement au niveau national avec les syndicats de l’éducation.

Nous savons qu’il existe, dans le secteur de l’éducation, des personnes qui s’emploient à quantifier, normaliser, numériser, ou encore, des technicien·ne·s qui tentent de faire valoir des arguments réducteurs, de vendre des mesures à valeur ajoutée inefficaces. Pour éviter cela, notre meilleure défense est notre professionnalisme. Le statut des enseignant·e·s, ce n’est pas uniquement une question de salaires ou de conditions de travail. Il s’agit de notre capacité à rester au centre de ce que nous savons : le processus d’enseignement et d’apprentissage. La profession enseignante doit jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et pratiques nécessaires pour créer des classes propices à l’enseignement et à l’apprentissage de qualité. Définir les termes d’une pratique efficace et éthique est une responsabilité fondamentale de notre profession. Rien de ce qui nous concerne ne se fera sans nous.

Ce qui est en jeu c’est l’idée-même de profession. Une profession trouve sa définition dans le partage des connaissances et de l’expertise, dans l’engagement commun à défendre ses normes et ses pratiques. L’autre approche consiste à supprimer les points de référence communs permettant de déterminer le droit d’être appelé·e un·e enseignant·e.

Raison pour laquelle cette résolution du Congrès est également un message rappelant aux acteurs de la privatisation que l’éducation n’est pas à vendre. Nous lutterons pour éviter la poursuite du nivellement vers le bas en ce qui concerne les qualifications des enseignant·e·s travaillant dans les écoles à bas prix. Plusieurs de nos membres en Afrique nous ont averti·e·s du besoin urgent de lutter contre la déprofessionnalisation et de mettre un terme au statut précaire des enseignant·e·s. La qualité de tout système éducatif n’est jamais que le reflet de celle de ses enseignant·e·s. L’éducation de qualité exige des qualifications qui fonctionnent, et non des solutions à court terme ou des systèmes fast track où les enseignant·e·s défilent les un·e·s après les autres dans les classes sur de courtes périodes. 

Le Congrès a affirmé clairement que le professionnalisme des enseignant·e·s n’est pas négociable. Au même titre que jamais nous ne souhaiterions confier l’opération de nos enfants à un·e chirurgien·ne non qualifié·e, nous refusons de confier leur éducation à des enseignant·e·s non qualifié·e·s.

Le cadre mondial IE/UNESCO pour les normes professionnelles de l’enseignement implique que nous restions maîtres de notre profession, que nous soyons les gardien·enne·s de l’éthique et les défenseur·se·s de normes qui fonctionnent pour les enseignant·e·s et leurs étudiant·e·s. Il s’agit d’un pas important pour la coopération transnationale, qui permet d’offrir à tou·te·s les étudiant·e·s la meilleure éducation qui soit.

Il ne s’agit pas pour les enseignant·e·s de fermer l’accès à la profession, mais bien d’ouvrir le professionnalisme selon leurs propres conditions. Les enseignant·e·s ne peuvent se soumettre à des principes bureaucratiques sans rapport avec la réalité quotidienne dans les classes. Il·Elle·s peuvent et doivent apporter leurs conseils dans leurs contextes nationaux à propos de ce qui importe et qui fonctionne.

Téléchargez la résolution de l’IE et le cadre mondial IE/UNESCO.


8d777f385d3dfec8815d20f7496026dc6144.png

David Edwards

David Edwards est le Secrétaire Général de l'Internationale de l'Education.

Partagez cette page

Tweets

Suivez nous

Profils de pays