INVESTIR DANS LA CRISE: participation privée à l’éducation des réfugié·e·s syrien·ne·s.

Par Francine Menashy et Zeena Zakharia

Alors que l’éducation dans les situations d’urgence a été élevée au rang de priorité politique dans le mandat des organisations internationales (Menashy et Dryden-Peterson, 2015), la part de l’aide publique totale au développement destinée à l’éducation a fortement décru ces dernières années, le financement restant faible dans les États touchés par un conflit (UNESCO, 2015; 2016). Dans ce contexte, l’engagement du secteur privé en faveur de l’éducation est devenu de plus en plus attrayant pour une partie croissante de la communauté internationale. Les acteurs privés ont répondu en lançant de nouvelles initiatives, en finançant des engagements et des accords de partenariat pour faire avancer la cause de l’éducation des enfants réfugiés. Ces engagements sont révélateurs du rôle croissant des entités privées en tant que bailleurs de fonds de l’éducation et prestataires de services éducatifs dans les situations de crise. 

 

Cette étude analyse les rapports complexes entre un conflit et la participation du secteur privé par le biais d’une étude de cas relative à l’éducation des réfugié·e·s syrien·ne·s. Bien que la participation privée dans ce contexte soit évidemment en expansion, la nature et l’ampleur exactes de celle-ci ne sont pas claires. Cette recherche vise à mieux comprendre quelles entités privées s’engagent dans le secteur, par quelles activités les entreprises privées et les fondations soutiennent l’éducation et les raisons et motivations qui les poussent à participer. 

Les conclusions font apparaître une augmentation récente de la participation du secteur privé à l’éducation des réfugié·e·s syrien·ne·s, les entreprises et fondations intervenant dans divers contextes et leur engagement revêtant de nombreuses formes différentes. Elles mettent également en évidence des sujets de préoccupation, notamment: 1) la coordination insuffisante entre les entreprises privées et les fondations et entre l’État et les acteurs non étatiques; 2) des interventions sorties de leur contexte avec un accent excessif mis sur la technologie; 3) la possibilité d’une augmentation du nombre d’établissements privés aux dépens de l’enseignement public; 4) les rôles mal définis des acteurs commerciaux dans l’élaboration des politiques publiques et le financement global; et enfin 5) les tensions entre les objectifs humanitaires et les raisons commerciales motivant la participation au secteur. 

 

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