Une expérimentation dangereuse:

Economiquement imparfait

Les réformes du gouvernement relatives à l'enseignement supérieur ont non seulement mis en danger la prestation de certaines matières, mais elles sont également économiquement faussées depuis le début.

Dans un premier temps, les ministres ont déclaré que les universités ne demanderaient 9.000 livres sterling que dans des circonstances exceptionnelles.

Cependant, les chiffres publiés en juillet par le Bureau de l'accès équitable (Office for Fair Access) ont démontré que les frais proches de 9000livres sterlingseraient la norme.

L'augmentation du coût des frais de scolarité est extrêmement préjudiciable aux étudiant(e)s - mais le gouvernement essaie de faire croire autrement. Les décisions concernant les sujets et le lieu d'études à l'université devraient être fondées sur les aptitudes scolaires de l'individu, et non pas sur le coût du cours.

Augmenter le coût des frais de scolarité n'a pas de sens économique. La recherche publiée en mai prédit que le coût pour les finances publiquesde la hausse des prêts aux étudiant(e)s pour le paiement des frais de scolarité pourrait augmenter de près de 100 milliards de livres sterling au cours des 20 prochaines années, et de loin éclipser l'argent économisé sur la réduction des budgets d'enseignement des universités.

Ces résultats soulignent une fois de plus la manière dont les projets du gouvernement en matière de financement des universités semblent reposer davantage sur l'idéologie et non sur la lutte contre la dette nationale.

Plus d'argent, moins de choix

Plus d'argent, moins de choix

Les frais continuent leur tendance à la hausse tandis que les budgets des universités se voient réduits de manière importante et certains domaines d'études, comme les arts et les sciences humaines, se voient dépouillés de tout financement public. Les partisans des réformes pensent que remettre le choix du financement à l'étudiant(e), pour ainsi dire, plutôt que le contraire, mènera à un plus grand choix dans notre système d'enseignement supérieur et à l'autonomisation des étudiant(e)s en tant que consommateurs.

La réalité, cependant, est très différente.

Les recherches menées par l'University and College Union (UCU) montrent que les étudiant(e)s devront payer plus cher dans le cadre des nouvelles modalités de financement, et leurs possibilités seront considérablement réduites.

Le nombre de cours de premier cycle à temps plein  offerts dans les universités du Royaume-Uni a diminué de plus d'un quart (27 pour cent) depuis 2006, passant de 70.052 en 2006 à 51.116 en 2012 - malgré une augmentation du nombre d'étudiant(e)s.

Le pays le plus touché au Royaume-Uni est l'Angleterre, où les frais ont grimpé jusqu'à 9.000 livres sterling par an, ce qui a engendré l'abandon d'environ un sur trois (31 pour cent) des cours universitaires.

En revanche, en Ecosse, le pays qui a le régime de frais d'inscription le plus bénin au Royaume-Uni, n'a accusé que la plus petite baisse de seulement trois pour cent.

Bien que le fait de forcer les universités à concourir pour les étudiant(e)s puisse cadrer avec l'idéal du marché libre qu'affectionne le gouvernement, cette démarche est susceptible de rendre les établissements encore plus frileux et prudents d'offrir des cours qui ne leur permettront pas de faire des bénéfices.

Cette situation nuit aux étudiant(e)s et nuit au pays.

Prochaines étapes

Au lieu de réduire le nombre de places et de rendre l'étude plus chère, les ministres doivent élaborer une stratégie qui exploite l'enseignement secondaire et supérieur et qui offrira des possibilités pour la prochaine génération.

La tendance à l'augmentation de la demande de qualifications de l'enseignement supérieur est très répandue à travers le monde. Pourtant, comme le montre le rapport, le Royaume-Uni n'investit actuellement qu'1,7 pour cent des dépenses publiques dans l'enseignement supérieur. Ailleurs, ce chiffre s'élève à 2,3 pour cent en France, 2,8 pour cent en Allemagne, 3,2 pour cent aux Etats-Unis et la moyenne de l'OCDE est de trois pour cent.

Le Royaume-Uni ne gagnera pas une course vers le nivellement par le bas en termes de bas salaires. Nous devons investir dans des domaines dans lesquels nous excellons et nous assurer de pouvoir continuer de le faire à l'avenir. Ne pas le faire constituerait une menace grave, par exemple, à la position du Royaume-Uni en tant que leader européen dans la fabrication et le développement de véhicules sans émissions de carbone - un secteur qui génère chaque année 1,5 milliard de livres sterling en recherche et développement, sans compter les autres branches.

Tandis qu'augmente la proportion d'emplois nécessitant des compétences de niveau supérieur, le maintien et même l'augmentation du nombre de diplômé(e)s qui entrent sur le marché du travail devrait être une priorité dans tous les domaines d'étude, y compris les arts, les sciences sociales et les sciences humaines.

Si le gouvernement refuse d'accepter les nombreux avantages sociaux d'une population mieux éduquée, il peut certainement reconnaître les retombées économiques de l'investissement dans les qualifications de niveau secondaire supérieur (A-levels) et les cursus universitaires.

Au lieu de réduire le nombre de places et de rendre plus chères les études, les ministres devraient plutôt se pencher sur l'élaboration d'une stratégie qui exploite l'enseignement secondaire et supérieur pour fournir une fenêtre d'opportunité pour la prochaine génération.

L'écart de compétences

Alors, que faire? La réponse est simple. Au lieu de réduire le financement de notre enseignement supérieur, le Royaume-Uni devrait investir.

Le rapport,Further Higher? Tertiary education and growth in the UK's new economy(Plus loin et plus haut? L'enseignement supérieur et la croissance dans la nouvelle économie du Royaume-Uni)commandé par l'UCU et réalisé par l'Institute for Public Policy Research (IPPR), met en avant un argument convaincant en faveur de l'enseignement géré comme une affaire économique.

Le rapport démontre que le fait de faire passer le degré d'études secondaires supérieures (A-levels = baccalauréat) et les études universitaires à un individu génère un gain net de 227.000 livres sterling pour l'économie. Pour un investissement de 5.000livres sterling, le rendement net pour le Trésor d'une personne qui obtient ses A-levels est de 47.000livres sterling. Un diplôme d'études supérieures vaut 180.000 supplémentaires livres sterling pour le Trésor à partir d'un investissement public de 19.000livres sterling.

Bien que l'IPPR préfère ne voit l'éducation qu'en termes purement financiers, ce rapport indique clairement que nous avons besoin d'un plus grand investissement dans l'éducation si l'on veut endiguer l'hémorragie d'emplois à l'étranger.

Du fait que 80 pour cent des nouveaux emplois d'ici 2020 sont susceptibles d'être professionnels ou techniques, nécessitant un niveau A- au minimum, le Royaume-Uni doit investir dès maintenant dans la prochaine génération au risque de perdre dans la course à la croissance économique. Le rapport met également en évidence la folie de la réduction de l'investissement public dans nos écoles supérieures et universités, surtout à une époque pendant laquelle le chômage des jeunes atteint des niveaux record.

Les dirigeant(e)s d'entreprise reconnaissent l'importance d'investir dans les étudiant(e)s britanniques. « En Inde, ils produisent des diplômés par centaines de milliers et nous en produisons un nombre très faible qui va restreindre notre capacité à se développer. S'ils ne sont pas disponibles ici, les emplois se déplacent vers l'Inde, le Brésil et la Chine », déclare Jerry Hardcastle, Vice-président des opérations européennes de Nissan.

Réputation mondiale

L'une des raisons pour lesquelles notre secteur de l'enseignement supérieur est de renommée internationale est la formation générale de base qu'il offre. Nous ne pouvons permettre que la prestation soit réduite davantage.

La réputation académique de renommée mondiale du Royaume-Uni repose sur la liberté des universitaires de repousser les limites et de créer de nouveaux domaines d'étude. Combien de lauréat(e)s potentiel(le)s du prix Nobel ne verront pas la lumière du jour parce que les choix qui s'offraient aux générations précédentes ne sont tout simplement plus disponibles aujourd'hui?

Comme l'a noté Sir Richard Roberts, lauréat du prix Nobel: « En tant que conseiller scientifique en chef d'une petite entreprise, Biotech, je cherche à embaucher quelqu'un avec de bonnes capacités de résolution de problèmes, de bonnes aptitudes de pensée critique et un enthousiasme pour l'apprentissage. Ces compétences sont développées par l'exposition à de nombreux sujets différents au cours d'une formation universitaire, et non pas en se concentrant sur un seul domaine. »

Liens connexes (externe)

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